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Where the sailor spends his hard-earned pay

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Sergio Martino, Toutes les couleurs du vice (Tutti i colori del buio, 1972)

(DVD, 13 juillet)

On ne peut décidément que regretter que les « gialli » italiens des années 60 et 70 n’aient plus aujourd’hui de descendance, tant leur esthétique étrange et perverse inspire de plaisir au spectateur, avec leur expressionnisme, leurs effets de répétition hystériques, leur frénésie, leurs intrigues ahurissantes, leur accompagnement sonore pop et psychédélique… Seul Quentin Tarantino, aujourd’hui, se réclame encore de cette veine.

Dans Toutes les couleurs du vice, il est question d’une femme perturbée par une fausse couche, qui rêve d’un assassin aux yeux bleu clair qui ne va pas tarder à se matérialiser dans la réalité, au moment où la femme tombe par ailleurs dans les mains d’une secte orgiaque et satanique. Cette femme, c’est Edwige Fenech, vedette de l’érotisme doux des années soixante ; visage de poupée aux grands yeux timides, formes tentatrices…

Le scénario ne se soucie guère de vraisemblance ni de lisser la progression dramatique : ce qui intéresse le réalisateur, c’est de filmer de belles scènes excitantes, et de ne filmer que cela. Un peu comme Howard Hawks dans Le Grand Sommeil. Le génie en moins, certes, mais c’est tout de même fort plaisant.