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Where the sailor spends his hard-earned pay

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Jean Eustache, Une Sale Histoire (1977)

(Grand auditorium de la BNF, 6 juillet 2011)

Film unique en son genre, où la même histoire nous est racontée deux fois d’affilée, la première fois par Michael Lonsdale, la seconde fois par Jean-Noël Picq (que je ne connaissais jusqu’ici que par son apparition dans La Maman et la putain). La première version est jouée, la seconde est plus proche du documentaire, c’est la version originale, puisque les personnes qui sont assises en face de Picq ignorent le contenu de l’histoire en question, leurs réactions sont donc improvisées.

 

De cette histoire, nous nous contenterons de dire qu’elle est effectivement sale, perverse, charmante, et surtout admirablement construite, fascinante de bout en bout.

Mais le plus intéressant dans ce film est justement le dispositif : on découvre l’histoire dans la version Lonsdale, où son air pince-sans-rire fait merveille, ajoutant un surcroît de folie à l’histoire narrée, puis on voit la scène par laquelle tout a commencé, quand Picq raconte son histoire, qu’il fait passer pour une histoire vraie, d’une manière très différente de Lonsdale, avec force mimiques et une sorte d’excitation progressive.

(La séance fut suivie d'un dialogue entre Michael Lonsdale et Jean Douchet, où ces deux légendes octogénaires du cinéma et de la cinéphilie ont évoqué la longue et riche carrière du premier.)