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Asghar Farhadi, Une Séparation (Jodaeiye Nader az Simin, 2011)

(Versailles, 12 juillet)

Je peux dire sans me tromper n’avoir vu que très peu de films réussissant de façon aussi éblouissante à intégrer une intrigue riche et passionnante dans un cadre naturaliste. Dans Une Séparation, il est question d’un couple, Nader et Simin, sur le point de se séparer à cause d’une bête histoire de voyage à l’étranger dont rêve Simin. Leurs difficultés sont encore considérablement compliquées au moment où leur femme de ménage, enceinte, est bousculée dans l’escalier par Nader qui la soupçonne d’avoir maltraité son père grabataire et de lui avoir volé de l’argent. La femme de ménage, Razieh, fait une fausse couche, apparemment à la suite de sa chute. C’est ensuite devant le juge que l’on essaie de démêler les responsabilités : Razieh, rejointe par son mari irascible et prompt à imaginer qu’il n’a aucune chance de se voir donner raison à cause de son statut social médiocre, accuse Nader de l’avoir poussée alors qu’il savait qu’elle était enceinte, et Nader, de son côté, affirme qu’elle lui avait caché son état et l’accuse de s’être montrée irresponsable envers son père.

L’affaire se complique au fur et à mesure que chacun s’enfonce dans un entêtement coupable et divers demi-mensonges… Pour le spectateur, c’est un régal de bout en bout, les développements de l’intrigue sont d’une intensité dramatique et psychologique par moments inouïe ! C’est bouleversant, tout sonne juste, et les acteurs sont extraordinaires.